Internat de médecine des Hôpitaux de Toulouse

D.E.S. de Neurologie à Toulouse

Bienvenue à toi, valeureux.se confrère ou consœur qui a choisi la plus noble spécialité médicale, celle qui s’enquiert du système biologique sans lequel la vie n’a pas de sens : la neurologie. Tu as fait le meilleur des choix pour ta future carrière ; reste alors à savoir : pourquoi Toulouse ?
1) La neurologie universitaire toulousaine

D’abord, présentons les lieux.

Tout le département de neurologie est rassemblé sur le site de Purpan, au nord-ouest de la ville, et associé aux services de neurochirurgie, à la réanimation neurochirurgicale et la neuroradiologie interventionnelle. La neuropédiatrie est également sur le même site. Les autres sites du CHU sont Rangueil et Larrey, au sud-est, et l’Oncopôle, au sud.

La neurologie (adulte) toulousaine est divisée comme suit :

  • La neurologie vasculaire :
    ◦ USINV (16 lits, dont 3 d’accueil direct des phases aiguës adressées par le SAMU et qui fonctionnent comme des box d’urgence) ;
    ◦ Service de neurologie B5 (27 lits post-AVC) ;
    ◦ Service de neurologie B6 (26 lits post-AVC et céphalées).
    Ce qui explique la taille de la neurologie vasculaire, c’est que les neurologues s’occupent des AVC ischémiques, mais aussi hémorragiques et des hémorragies méningées, des anévrysmes asymptomatiques et des syndromes de Moyamoya.
  • La neurologie générale : service de post-urgences neurologiques PUN (13 lits) ;
  • La neurologie inflammatoire centrale et périphérique :
    ◦ Service de neurologie inflammatoire et neuro-oncologie B4 (14 lits) ;
    ◦ Hôpital de jour (14 lits – en projet d’agrandissement) ;
  •  Les mouvements anormaux : unité de neurologie B8 A (13 lits d’hôpital de semaine) ;
  • L’épilepsie et la cognition : unité de neurologie B8 B (14 lits) ;
  • Les explorations fonctionnelles neurologiques :
    ◦ Secteurs EEG, ENMG, potentiels évoqués, exploration du système nerveux autonome ;
    ◦ Service de neurologie B7 comprenant un laboratoire de l’épilepsie (3 lits d’HDS) et du sommeil (5 lits d’HDS).
Site de Purpan
L’hospitalisation conventionnelle et de jour de neuro-oncologie est principalement dirigée dans les services de neurochirurgie et à l’Oncopôle mais des prises en charges se font également plus occasionnellement dans le département de neurologie.
2) Les axes de compétence et de recherche
Comme tu as pu le voir ci-dessus, tous les sous-domaines de la neurologie sont représentés et, pour la plupart d’entre eux, réunis dans des services spécialisés. Parmi les domaines d’excellence, ici, on pourra citer :
Tu pourras donc trouver ton bonheur dans presque tous les domaines. La surspécialité la moins étoffée est peut-être le sommeil, puisqu’il n’y a que deux séniors qui y sont rattachées (une neurologue et une psychiatre) et que Toulouse est un peu coincé entre les centres de Bordeaux, qui est un des plus grands laboratoires du sommeil du pays, et Montpellier, qui est centre national de référence de la narcolepsie. Mais les équipes sont dynamiques et jeunes et il y a plein de partenariats avec ces deux centres et donc des possibilités d’inter-CHU faciles si tu le souhaites.
3) La formation du ou de la futur.e interne que tu es.
La maquette officielle nationale
La version toulousaine (garantie 100 % cassoulet et ovalie)

La première année, les internes effectuent un stage au CHU en neurologie vasculaire B5 ou B6 et un semestre de neurologie générale en CH périphérique. Nous n’allons que dans les centres dotés d’une UNV, à savoir :

  •  Montauban (40 minutes de route de Toulouse) ;
  •  Albi, Carcassonne, Castres, Auch (1 heure) ;
  •  Cahors, Tarbes (1h30) ;
  •  Rodez (2 heures).

Par la suite, le schéma de l’internat est plus libre ; la seule obligation est de passer aux explorations fonctionnelles au moins une fois au cours de son internat.

La répartition des internes dans les services varie un peu au gré des semestres, selon les effectifs des promotions et les projets de chacun. Habituellement, il y a 1 interne à l’USINV, 2 internes en B5, 2 internes en B6, 3 ou 4 internes en B4 (2 côté inflammatoire et 1 ou 2 au PUN), 3 internes aux explos/B7, 2 internes en B8-A et 2 internes en B8-B (un interne de neurologie et un interne de psychiatrie).

La séniorisation est quotidienne, assurée par les chefs de cliniques ou les PH des services, voire les PU-PH. Il y a (presque) toujours au moins deux visites séniorisées par semaine et, en tout cas, un point le matin et un autre en fin de journée avec un sénior dans chaque service.

Les cours et les autres aspects de la formation théorique

Les cours sont répartis entre :

  • Des cours de DES locaux, toutes les deux à trois semaines au cours de l’année universitaire ;
  •  Des cours inter-régionaux communs avec Montpellier trois journées par an (mais l’organisation est un peu compliquée à l’heure actuelle) ;
  •  Des cours nationaux en vidéo sur le site du SIDES, à valider à ton rythme au cours de l’année.

Les réunions de bibliographie comprennent :

  • Tous les mardi midi, une réunion bibliographie présentée par un sénior ;
  • Tous les jeudi matin, une réunion bibliographie présentée par un interne.

La demi-journée hebdomadaire de formation personnelle n’est pas laissée à disposition mais utilisée de manière cumulée pour effectuer des DU et DIU (généralement à Paris…), aller en congrès, etc. Le master 1 ou 2 n’est pas obligatoire mais nous sommes encouragés à en faire, avec des aménagements d’horaire possibles.
Le congrès national annuel des internes de neurologie (Journées des Jeunes Neurologues ou J2N pour les intimes) est obligatoire dans la formation.

L’accès aux masters de recherche est encouragé ; presque tous les internes terminent leur internant avec un master 1 et environ un tiers avec un master 2.

4) Une idée de ta vie pour les quatre ou cinq prochaines années
Le travail (stakhanoviste, c’est pour toi !)

Le rythme de travail est assez soutenu : en moyenne, 8h30-19h30 en secteur de neurologie vasculaire et 8h30-20h30 voire 21h dans les autres secteurs. C’est un peu plus allégé aux explorations fonctionnelles (8h45-18h30). Mais l’ambiance est bonne dans les services ; les équipes paramédicales sont vraiment très chouettes.

En post-internat, il y a quatre postes de chefs de clinique (un en vasculaire B5, un en vasculaire B6, un d’inflammatoire en B4 et un d’épilepsie et cognition en B8-B). Par ailleurs, il y a de nombreux postes d’assistants, partagés ou non. Jusqu’à présent, tout le monde a pu avoir un post-internat.

Pile de courriers en retard
Après avoir rattrapé le retard
Les gardes (oui parce que, bon, il faut bien en parler un peu)

En première année et dans les hôpitaux périphériques, nous faisons des gardes aux urgences. A partir de la deuxième année, lorsque l’on est au CHU, on fait des gardes de spécialité. Il y a toujours deux neurologues de garde en même temps : un sénior qui est à l’USINV et a le téléphone d’urgences neurovasculaires (UNV de référence pour le département et centre de thrombectomie de référence pour l’Occitanie ouest) et un interne qui a le bip d’urgences neurologiques générales, qui donne les avis dans les services (surtout aux urgences mais potentiellement dans tout l’hôpital) et gère les problèmes des services de neurologie hors soins intensifs.

Les gardes sont bien remplies ; en général, on dort peu – voire pas du tout. Mais il y a toujours un sénior sur place pour nous aider et on a accès à l’IRM 24h/24 pour les phases aiguës et jusqu’à 2 ou 3h du matin pour les autres pathologies (tumeurs, poussées de maladies inflammatoires, céphalées inhabituelles, etc.). L’angioTDM des urgences est, lui, accessible tout le temps sans difficulté.

On fait en général trois gardes par mois : deux en semaine et une le weekend. Les repos de garde sont globalement respectés.

Garde de réveillon à l’USINV
L’ambiance et les à-côtés (le meilleur pour la fin)
Côté ambiance, ce n’est clairement pas la joie. Les cours sont toujours studieux et stressants et les conditions de travail assez austères, même pendant la crise de la covid19.
Cours de DES d’électrophysiologie
Equipe semaine 1 neuro-covid
Formation hygiène
Lorsque l’on va en congrès, tout le monde est concentré sur sa formation ; pas le temps de rêvasser. Il faut d’ailleurs bien préciser que les congrès en eux-mêmes sont très austères.
Tournoi des jeunes talents aux Journées de Neurologie de Langue Française 2017.
Nous ne sortons jamais ensemble, entre interne. Jamais : trop de distraction, cela nous détournerait de la sacro-sainte Neurologie.

Les relations avec les séniors et les équipe sont en outre détestables.

Bref, en venant ici, tu seras malheureux.se, triste et austère.

A la lecture de ce descriptif, il est certain que tu auras fait ton choix. Alors, il ne reste plus qu’un dernier mot à dire : bienvenue !


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